Les mouches, un fléau équin : et si on tentait la lutte biologique ?

Au printemps, elles colonisent les chevaux aussi bien dans les prés que dans les écuries, s’amassant autour des yeux, des naseaux et s’agrippant à l’épiderme des équins. Véritable fléau tant pour les particuliers que pour les professionnels qui viennent s’occuper des animaux, les mouches donnent lieu à une lutte conflictuelle pour s’en débarrasser.

Tout propriétaire d’équidés se trouve confronté à la problématique des mouches dès que les beaux jours reviennent. Ces dernières attirées par l’humidité autour des yeux et la sueur provoquent de nombreux désagréments et pathologies qui gênent les chevaux : irritations, inflammations de la muqueuse oculaire avec des écoulements, surinfections de plaies, démangeaisons, dermite estivale récidivante…

Les mouches qui s’agglutinent autour des yeux peuvent déclencher des conjonctivites.

Outre ces gênes, les mouches peuvent s’avérer dangereuses au moment où le cheval travaille, notamment lors de l’attelage, car les mouvements de tête qu’il effectue sont source de stress pour l’animal, moins apte à réagir aux indications de son meneur et par conséquent moins concentré sur sa mission.

De même, les praticiens qui soignent votre cheval se retrouvent en difficultés avec un animal qui ne cesse de bouger et de se défendre contre les attaques incessantes des insectes. Par conséquent, une séance de shiatsu censée prodiguer du bien-être au cheval peut vite devenir un enfer !

Au pré, le masque permet de protéger le cheval de l’invasion des mouches

Les mouches représentent donc un véritable casse-tête car il s’avère compliqué de trouver des solutions efficaces et pérennes pour protéger le cheval de ces insectes qui le harcèlent. Certes, il existe des masques mais là encore quel propriétaire n’a pas retrouvé son cheval dépourvu de cet accessoire ou rétif rien qu’à sa vue ?

Les répulsifs naturels ou chimiques, qu’il s’agisse de spray, de shampoings, d’onguents offrent certes un peu de répit au cheval et à son propriétaire mais outre leur efficacité limitée, ils ont également une incidence sur le porte-monnaie des propriétaires à long terme.

Renouer avec l’équilibre présent dans l’écosystème grâce à des auxiliaires

Or il existe une alternative à la lutte antiparasitaire chimique : la lutte biologique ou biocontrôle, défini comme l’utilisation d’organismes vivants pour lutter contre des nuisibles.

La lutte biologique, solution naturelle et respectueuse de l’environnement

Née dans les vergers d’agrumes aux Etats-Unis au XIX ème siècle pour se débarrasser des cochenilles à partir d’une coccinelle, cette méthode s’étend désormais au domaine animal notamment dans les élevages. En effet, les insectes auxiliaires se sont avérés la stratégie la plus efficace et la plus respectueuse de l’environnement pour lutter contre les nuisibles.

Nous agissons sur le cycle biologique de la mouche de manière préventive

Une méthode mise en oeuvre par l’entreprise Bestico, localisée à Pont-Saint-Martin en Loire-Atlantique, qui compte une dizaine de salariés. « Nous apportons une véritable expertise en entomologie, en fonction du prédateur, nous sommes en mesure de savoir contre qui on lutte afin d’apporter une solution. Nous essayons de renouer avec l’équilibre présent dans l’écosystème en apportant les auxiliaires qui s’y trouvent déjà de manière naturelle », explique Joris Leroux, technicien commercial sur la région Nord Ouest.

« Nous agissons sur le cycle biologique de la mouche de manière préventive, en ciblant les stades prédominants notamment oeufs, larves et pupes », poursuit ce dernier.

Des insectes auxiliaires pour lutter contre les mouches

Parmi les solutions proposées pour une bonne gestion des mouches sans insecticides chimiques, visant à préserver la santé et la biodiversité, figurent Biomite composé d’acariens prédateurs des oeufs de mouches et  Biowasp/Biopar, qui contiennent des mini-guêpes parasitoïdes des pupes (cocons) de mouches.

Nous apportons une expertise en entomologie

« Les insectes font bien leur job », commente Joris. Ces deux solutions naturelles sont davantage utilisées dans les écuries.

La lutte biologique permet d’atténuer la problématique des mouches dans les écuries

Le piégeage de masse en extérieur

Pour les particuliers dont les chevaux vivent au pré, Bestico préconise le piégeage de masse avec l’Appibuster, un seau innovant à suspendre aux alentours de la pâture.

Le piégeage de masse avec un seau et de la levure, une solution préconisée par l’entreprise ligérienne Bestico ( Crédit : Bestico)

Exposé au soleil, le seau à l’intérieur duquel vous ajoutez de la levure mélangée à 5 litres d’eau va diffuser une odeur qui attire les mouches et les capte en les noyant. « La levure est naturelle et sans danger pour les chevaux, et ce piégeage a pour mérite de n’attirer que les mouches et pas les autres insectes, dans un souci de préservation de la biodiversité », conclut Joris.